Comment voyager en avion avec un bébé ?

La première fois qu’on monte dans un avion avec un nourrisson, on a l’impression d’être le seul à ne pas savoir ce qu’on fait. La réalité, c’est que tout le monde a été à cette place. Et que les avions, finalement, sont des espaces où les nourrissons voyagent très bien, souvent bien mieux que leurs parents ne l’espèrent.

Le siège, le billet, les règles

Un bébé de moins de deux ans voyage sur les genoux d’un adulte sans billet propre sur la plupart des compagnies, moyennant des frais variables (généralement 10 à 20 % du tarif adulte). Au-delà de deux ans, un siège séparé devient obligatoire.

Le berceau cabine, appelé bassinet, est disponible sur les vols long-courriers pour les bébés de moins de six à huit kilos selon les compagnies. Il se fixe à la cloison avant de certaines rangées. Ces places sont rares et partent vite : les réserver au moment de l’achat du billet, pas la veille du départ.

Le siège auto homologué avion (mention FAA ou EASA) peut être installé dans un siège passager si le bébé dispose d’un billet. C’est la position la plus sécurisante pour les vols où des turbulences sont possibles, même si peu de parents le font en pratique.

La pression et les oreilles

La douleur aux oreilles pendant la montée et la descente est réelle pour les nourrissons, exactement comme pour les adultes. La succion compense la variation de pression : donner le sein, un biberon ou une tétine au décollage et à l’atterrissage règle la plupart des problèmes. Un bébé qui pleure fort pendant la descente n’est pas capricieux. Il a probablement mal aux oreilles, et la meilleure réponse est de lui proposer quelque chose à sucer immédiatement.

Si le bébé a un rhume ou une otite en cours, consulter un médecin avant le vol. L’inflammation des voies ORL complique la compensation de pression et peut transformer un trajet court en expérience très douloureuse pour lui.

Les liquides en cabine : ce qui passe, ce qui ne passe pas

Le lait maternel, le lait infantile et l’eau pour préparer les biberons sont exemptés de la règle des 100 ml dans la quasi-totalité des pays, à condition d’être en quantité raisonnablement nécessaire pour la durée du vol. En pratique, un ou deux biberons et quelques sachets de lait maternel ne poseront aucun problème. Signaler ces liquides à l’agent de sécurité avant le passage aux rayons X évite les surprises.

Les petits pots du commerce fermés passent aussi sans problème dans les mêmes conditions. Les purées maison dans des contenants hermétiques sont techniquement soumises à l’appréciation de l’agent de contrôle : mieux vaut privilégier les petits pots industriels à l’aller si on ne veut pas discuter à la sécurité.

Chauffer un biberon à bord

Les membres d’équipage acceptent presque toujours de fournir de l’eau chaude pour un bain-marie improvisé dans un gobelet. C’est la méthode la plus universelle. La température de l’eau varie selon les appareils et les compagnies : toujours vérifier sur le poignet avant de donner.

Certains avions récents ont des ports USB aux sièges. Un manchon chauffe-biberon USB y fonctionne parfaitement, avec le même résultat qu’à la maison. Pour les appareils plus anciens sans port USB, un chauffe-biberon avec batterie intégrée chargée avant le vol couvre plusieurs biberons en autonomie complète, sans dépendre de l’infrastructure à bord.

Dans le bagage cabine

Le sommeil en vol

Beaucoup de nourrissons dorment remarquablement bien en avion. Le bruit constant des moteurs reproduit quelque chose d’assez proche du bruit blanc. Le mouvement de l’appareil aide aussi. La difficulté n’est pas toujours de les endormir, c’est de les maintenir dans une position confortable quand on n’a pas de berceau cabine. Un écharpe de portage ou un porte-bébé homologué avion permet de garder le bébé contre soi, les mains relativement libres.

Le décalage horaire touche aussi les nourrissons, même si leur système est parfois plus souple que celui des adultes. Lors des premiers jours après l’arrivée, suivre les signaux de fatigue du bébé plutôt que l’horloge locale accélère souvent la résynchronisation.

Ce qu’on oublie toujours

La liste des choses essentielles qu’on laisse dans la valise en soute le jour J est longtemps identique d’un parent à l’autre. Les lingettes humides en quantité suffisante pour un accident de biberon à 35 000 pieds. Un change complet en cabine, pas en soute. Une couche supplémentaire par heure de vol prévue, plus deux. Une tétine de rechange. Et la carte vitale, que personne ne pense à prendre mais qui peut servir même hors de France dans certains pays européens.

Questions fréquentes

Quel est l’âge minimum pour prendre l’avion avec un nourrisson ?

La plupart des médecins recommandent d’attendre au moins deux semaines, idéalement quatre à six semaines après la naissance pour un bébé à terme en bonne santé. Certaines compagnies aériennes fixent leur propre limite minimale à sept ou quatorze jours. Vérifier les conditions de la compagnie concernée avant de réserver.

Faut-il un document spécifique pour voyager en avion avec un bébé ?

Pour les vols internationaux, un passeport ou une carte d’identité est requis pour le nourrisson, y compris dans l’espace Schengen selon les destinations. Pour les vols domestiques en France, aucun document d’identité n’est obligatoire avant deux ans, mais certaines compagnies demandent un justificatif d’âge. Prévoir le carnet de santé dans le bagage cabine.

Les bouchons d’oreilles pour nourrissons sont-ils utiles en avion ?

Il existe des coquilles acoustiques spécifiques pour nourrissons. Elles atténuent le bruit ambiant de la cabine, ce qui peut aider certains bébés sensibles au son. Elles n’ont en revanche aucun effet sur la pression dans l’oreille interne, qui n’est pas liée au bruit mais à la variation d’altitude. Elles ne remplacent pas la succion au décollage et à l’atterrissage.

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